À chacun nos spécialités - Geraldine King

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À chacun nos spécialités

À chacun nos spécialités - Geraldine King

J’étais sûre d’avoir pris les assiettes en carton, mais je ne les retrouvais pas. Avec mon conjoint, Isabelle et Jean-Louis, Marc et Aurélie, Jean et Monique, nous avions organisé ce pique-nique pour nous retrouver tous ensemble. Chaque semaine, l’un de nous invite les deux autres couples pour un repas amical et convivial. Parfois, nous apportons chacun une spécialité. Monique prépare des lasagnes au fromage de chèvre et au saumon, agrémentées d’épinards frais, que nous dévorons. Jean est doué pour les marinades et les grillades, qu’elles soient pour les poissons, ou pour les viandes. Aurélie est extrêmement habile à la préparation des bricks, ces feuilles craquantes d’origine libanaise, fourrées de mélanges de légumes, de fromages, de viandes ou de thon. Marc a un don pour la pâtisserie. Des éclairs, à la vanille, au chocolat ou au caramel, aux choux à la crème fouettée, ses délices closent immanquablement notre dîner.

Lorsque je suis allée voir sur place les modèles de ce fabricant de salle de bain Québec, j’ai découvert une épicerie italienne, où je pouvais avoir les ingrédients pour réaliser un vrai tiramisu. J’ai trouvé tout ce qu’il me fallait, du mascarpone, du marsala, des biscuits, du cacao en poudre. Le soir même, je me suis mise à la préparation de ce dessert quasi-divin, et le seul que je réussisse à peu près correctement. Pour notre pique-nique, prévu le lendemain, je voulais apporter un dessert. Marc avait été malade pendant toute la semaine et il avait prévu d’apporter une tarte aux tomates et à la moutarde. Mon conjoint, Pierre, avait fait son excellente salade de riz au thon. J’avais été chargée d’apporter des assiettes jetables.

Je cherchais dans les sacs, les paniers, les cabas, qui avaient contenu tout ce que j’avais rapporté. Je désespérais de les trouver et cela m’ennuyait beaucoup, car nous ne pouvions pas manger la salade de Pierre sans elles. Ce fut au fond d’une glacière, sans que je sache la raison qui m’avait décidée à les placer à cet endroit, que j’ai finalement vu ce que je cherchais depuis une dizaine de minutes. Soulagée, je les ai posées sur la nappe et je les ai remplies de la préparation de mon conjoint. C’était un moment si agréable que nous n’avons pas vu le temps passer. Sous les branches d’un chêne, dans le jardin, nous étions si bien, que je les ai poussés à tous rester le soir aussi.