Mon nouveau bonheur  - Geraldine King

Mon blogue

Mon nouveau bonheur

Mon nouveau bonheur  - Geraldine King

Quand on s’accroche à quelque chose, cette chose revêt une signification particulière à nos yeux, et quand on essaie de nous l’enlever, on a beaucoup de mal à accepter la situation. Ce que j’ai vécu durant la naissance de mon premier enfant, m’a prouvé à quel point c’était vrai. Avant, je tenais beaucoup aux apparences et à l’image que je reflétais. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai tout entrepris afin de réussir tant ma vie professionnelle que ma vie sentimentale. Et sans me vanter, j’aime à croire que j’y suis parvenu. J’ai une vie stable, un travail qui me passionne et un mari adorable. Il ne me restait plus qu’un bébé pour que mon existence frôle la perfection. Pourtant, ce n’est pas ma vie qui me rendait heureuse, c’était l’image que je reflétais aux autres. J’aimais quand mes amies me disaient qu’elles enviaient ma vie et que j’étais rayonnante de bonheur. Moi de mon côté, je continuais à tout mettre en œuvre afin d’avoir une vie plus parfaite qu’elle ne l’était déjà. Après trois ans de mariage et quatre mois d’essais bébé, j’étais tombée enceinte. J’aimais afficher mon gros ventre partout où j’allais. J’aimais aussi raconter à quel point mon mari était au petit soin avec moi depuis que je portais son enfant. J’étais même allée jusqu’à organiser une grande fête en l’honneur de mon parfait mariage et de notre futur parfait petit bébé. Mais comme je l’ai dit plus haut, le bonheur éternel est quelque chose d’illusoire et personne n’est à l’abri de ce que demain peut apporter. À sept mois de grossesse, j’ai pris ma voiture pour faire quelques courses en ville quand tout d’un coup, un camion de livraison courrier m’est rentré dedans. L’air bag s’est déclenché, mais mon ventre s’était quand même cogné assez violemment contre le volant. Le chauffeur du camion m’a sorti de la voiture et m’a emmené à l’hôpital. Quelques heures après, j’étais encore un peu secouée, mais je pouvais entendre le médecin parler à mon mari. Il lui disait que le cœur du bébé ralentissait. C’est là que j’ai vu défiler toute ma vie dans ma tête et j’ai compris que ce n’était pas l’image qu’on donnait, qui était important, mais les gens avec lesquels on vivait. Je me suis sentie encore plus mal lorsque j’ai pris conscience que j’ai vécu en fonction de l’image que je voulais projeter aux autres. Quand je me suis réveillée, mon mari était à côté de moi et mon bébé dans le berceau. Il m’a expliqué que les médecins ont dû me faire une césarienne d’urgence, mais que le bébé va bien. Quand les infirmières me l’ont mis entre les bras, j’ai compris que le bonheur, ce n’était pas les fêtes que j’organisais pour impressionner mes amis, ce n’était pas quand tout le monde disait que j’avais une vie parfaite, le bonheur, c’était ce que je tenais dans mes bras. C’est alors que je me suis promis à moi-même que dorénavant, j’allais vivre en profitant des petits bonheurs que je partagerai avec mon époux et mon enfant.